Quimper : les plathelminthes invasifs rodent dans le centre ville

« Il y en a partout dans le jardin. Depuis deux ans, c’est fini, je n’y mets plus les pieds… ». Le témoignage de cette jardinière qui demeure dans le centre ville de Quimper est impressionnant. D’abord parce qu’il confirme la présence depuis plusieurs années de plathelminthes terrestres invasifs en ville, comme dans le reste du Finistère. Ensuite parce qu’il montre la difficulté de cohabiter avec une bestiole assez répugnante qui pourrait mettre en péril la survie de nos lombrics et provoquer une véritable catastrophe écologique.

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« Quimper se situe au coeur de la Cornouaille et de ses paysages maritimes du bout du monde, authentiques et préservés… », peut-on lire sur le site internet de l’office du tourisme qui rappelle que la ville a reçu le grand prix national du fleurissement… Et pourtant, un envahisseur discret mais redoutable s’est installé dans les jardins de cette jolie ville. Sans doute venu de Nouvelle-Zélande, via l’autre cornouaille, britannique celle là, de l’autre côté de la Manche.

Les plathelminthes terrestres invasifs, Kontikia ventrolineata se sont installés depuis plusieurs années à Quimper et y prolifèrent. « Cela fait au moins quatre ans que j’en ai dans mon potager, explique cette jardinière. J’ai longtemps cru que j’étais la seule à avoir ça chez moi. Aujourd’hui, je suis soulagée, car je sais au moins ce que c’est ».

Mais non, elle n’est pas la seule à Quimper à avoir cet intrus indésirable dans son jardin. D’ailleurs dans une jardinerie, on confirme que des clients sont venus chercher des informations sur « des vers bizarres » trouvés chez eux. « Mais nous ne savions pas ce que c’était… », plaide le responsable d’un magasin. Et c’est bien ça le problème. Ce n’est que depuis quelques jours, depuis que la presse et internet diffusent des informations et des photos recueillies par le professeur Justine, spécialiste du sujet au muséum national d’histoire naturelle que le public commence à mettre un nom sur ces étranges bestioles.

Il y a six mois, personne ne se doutait que ce prédateur était arrivé en France. Il a fallu qu’un entomologiste amateur le découvre, puis que les chercheurs du muséum national d’histoire naturelle lancent un appel aux témoignages, relayé par les médias pour le voile se lève sur cet envahisseur insidieux. Enfin. Car notre jardinière quimpéroise a voulu savoir quel était cet animal à l’aspect peu engageant. « Ils se collaient dans les poils du chien qui les faisaient tomber en rentrant dans la maison. J’ai d’abord pensé que c’était lui qui portait ces parasites. J’en ai amené des spécimens à un laboratoire d’analyse spécialisé dans les animaux. Après une semaine d’études, ils n’ont pas pu me dire de quoi il s’agissait… », raconte-t-elle. A-t-elle pu mesurer l’impact de ces envahisseurs sur la population de lombrics? « Il y a toujours des lombrics dans mon jardin, relate-t-elle. Mais j’ai vu ces vers dévorer des limaces et un lombric qui étaient déjà morts. »

Alors il faut bien qu’elle supporte l’envahisseur. « Il y en avait partout, dans les salades, dans les fraisiers. Ils se collaient à la peau, sur les pattes des poules. C’est dégoûtant… », poursuit-elle. Alors, de guerre lasse, elle a fini par renoncer au jardinage, il y a deux ans. « Je ne veux plus y mettre les pieds, maintenant tout est en friche », lâche-t-elle avant de tenter la question que tout le monde se pose « est-ce que vous savez comment s’en débarrasser? ».

Hélas, il semble bien que personne n’ait cette réponse. Pire encore, comme pour les autres espèces invasives, il semble bien qu’on ne puisse pas s’en débarrasser…

Si vous découvrez un ver inconnu dans votre jardin, contactez le professeur Justine au muséum national d’histoire naturelle.

Une réflexion au sujet de « Quimper : les plathelminthes invasifs rodent dans le centre ville »

  1. Il serait temps de s’intéresser aux prédateurs de ces vers dans leur pays d’origine, la Nouvelle Zélande. Ils en ont forcément, là-bas, qui régulent leur population.

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