Pourquoi la pomme de terre primeur disparaît des rayons

Photo Prince de Bretagne

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Et si bientôt, on ne trouvait plus en rayon qu’une seule et même variété de pommes de terre, produite dans des pays à faible coût de main-d’oeuvre… C’est le scénario que redoutent les producteurs regroupés sous l’appellation Prince de Bretagne. La première victime de cette tendance pourrait être la pomme de terre primeur dont on apprécie le petit goût de noisette. L’avez-vous remarqué : elles se sont faites très rares cette année dans vos magasins. Les producteurs dénoncent des méthodes de culture destructrices du goût. Mais le consommateur porte aussi une part de responsabilité dans cette évolution…

 » Depuis plusieurs années la pomme de terre primeur meurt à petit feu, cette année la situation est plus critique que jamais », constatent les producteurs regroupés chez Prince de Bretagne (*), premier bassin de production de pommes de terre primeur françaises.

Cette situation découle d’un paradoxe. Alors que partout on met en avant les notions de qualité et de goût, les consommateurs ne trouvent plus dans les rayons toute l’année qu’un seul produit au goût et à la taille formatée. « Les rayons fruits et légumes sont occupés toute l’année par le même produit : des pommes de terre conservées pendant des mois, à coups de séjours en chambres froides, qui ont perdu leur goût et leurs qualités nutritionnelles », dénoncent les producteurs de Prince de Bretagne qui font ce triste constat : « proposée sur le marché 3 mois dans l’année, de mai à mi-août, la pomme de terre primeur Prince de Bretagne n’arrive toutefois plus aujourd’hui à être présente en points de vente ».

La raison de cette absence n’est « pas tant le prix que les contrats mis en place entre acheteurs et fournisseurs pour livrer le même produit 12 mois sur 12, sur la base de 2 critères : l’aspect et la solidité, révèlent les producteurs bretons. Alors même que l’attention est focalisée sur la Qualité et le Goût, la pomme de terre primeur Prince de Bretagne – récoltée jeune, à la demande, expédiée le jour même vers les points de vente, et surtout reconnue pour ses qualités gustatives et nutritionnelles inégalées – est quasiment absente des rayons ».
Et cette année la situation atteint un seuil critique, avec ce constat fait par les professionnels, il y a quelques semaines. « Alors que les 213 producteurs étaient en pleine saison de primeur, le consommateur ne trouvait en magasin que des pommes de terre récoltées il y a un an ».

A quand des pommes de terre low-cost?

A l’heure où l’attention est aujourd’hui aussi focalisée sur le Développement Durable, les producteurs déplorent des méthodes de conservation modernes qui ouvrent la voie à l’externalisation des cultures. « L’ultime étape pourrait bientôt être franchie : produire dans des pays à faible coût de main-d’œuvre une pomme de terre de conservation qui inondera nos marchés toute l’année, une pomme de terre qui aura alors bel et bien disparue de nos campagnes », président-ils
(*) Prince de Bretagne est la marque collective des 2350 producteurs de fruits et légumes frais de la côte nord de la Bretagne. Elle est aujourd’hui celle des producteurs de six coopératives bretonnes – la Sica, Socoprim, la Bretonne et Triskalia dans le Finistère, l’Union des coopératives de Paimpol et de Tréguier dans les Côtes d’Armor et Terres de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine – associées au sein de l’association d’organisations de producteurs, le Cerafel.
 

 



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