Frelon asiatique : une nouvelle arme pour détruire les nids

Auxilliaires indispensables du jardinier, les abeilles sont menacées par la prolifération du frelon asiatique (photo J.G.)

Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax)  ne cesse de se répandre en France. Outre le fait que cet insecte s’avère particulièrement dangereux pour l’homme, puisque l’on dénombre de plus en plus de cas de piqures aux conséquences graves voire mortelles, le frelon asiatique est une menace pour la biodiversité.

Les abeilles font en effet partie de ses cibles favorites et il décime les essaims. Cette menace supplémentaire sur les abeilles concerne directement les jardiniers qui ont besoin de ces dernières pour polliniser les légumes.

Le frelon asiatique n’a pas de prédateur naturel en France et c’est l’homme qui doit mener la bataille pour limiter son expansion. Les apiculteurs sont en première ligne. Ils viennent de recevoir un accord ministériel pour utiliser -provisoirement- du dioxyde de soufre qui pourrait faciliter cette lutte.

Nos abeilles sont menacées par les frelons asiatiques from Jacky Guyon on Vimeo.

 


La période de lutte contre les nids de frelons asiatiques s’étale du mois d’août au mois de novembre. C’est un combat difficile car les nids sont difficiles à repérer et souvent situés très haut dans les arbres (une vingtaine de mètres). En début d’hiver ils deviennent plus visibles puisque les feuilles tombent.

La possibilité d’utiliser du dioxyde de souffre était réclamée par les apiculteurs en raison des propriétés de ce produit : action sélective, absence de persistance dans l’environnement, facilité d’emploi pour le traitement des nids en hauteur, et faible coût. Cependant le dioxyde de soufre n’est pas un produit anodin. Il présente notamment des risques importants (toxicité aiguë par inhalation) pour les opérateurs lors de son utilisation, une des raisons pour lesquelles il était interdit depuis 2007.

Finalement après avoir mis en balance les avantages et inconvénients, l’Etat a décidé d’accorder une dérogation permettant le recours au dioxyde de soufre, mais dans des conditions très encadrées, définies dans l’arrêté du 21 août qui vient d’être publié le 7 septembre au journal officiel. Cette autorisation est accordée pour une période de 120 jours et les conditions de mise en oeuvre du produit sont très strictes : formation spécifique obligatoire pour les opérateurs, protection des riverains…

Dans son communiqué, le ministère de l’écologie souligne « que cette dérogation était pertinente au vu des impacts locaux potentiellement forts du frelon asiatique sur les populations d’abeilles et de pollinisateurs ainsi que la filière apicole, et afin que cette profession puisse disposer d’une gamme de solutions de lutte plus large et avec des impacts limités sur l’environnement, à la stricte condition de maîtriser les risques pour les opérateurs ».

L’INRA mène la bataille

C’est peut-être dans les laboratoire de l’INRA (institut national de la recherche agronomique) que l’on trouvera la vraie parade au frelon asiatique. L’unité SAVE de l’Inra de Bordeaux consacre une bonne partie de ses travaux à la lutte contre l’expansion de cet insecte. Les chercheurs ont notamment créé un élevage de nids de frelons en captivité pour pouvoir dans des conditions hyper sécurisées étudier ses caractéristiques, son mode de vie, de communication, mais aussi de tester l’efficacité de certains pièges…

Comment le reconnaître

Les adultes sont brun noir. La tête est noire, la face jaune orangé, les pattes jaunes à l’extrémité. Ce frelon est difficile à confondre avec le Frelon d’Europe, Vespa crabro. Mesurant environ 3 cm de long, il est un peu plus petit que ce dernier.

Signaler les nids

Si vous détectez la présence de frelons asiatiques ou d’un nid, vous devez le signaler, soit à votre mairie, soit à l’INPN (inventaire national du patrimoine national) : http://inpn.mnhn.fr/espece/signalement/vespa

 Le frelon asiatique a été classé «espèce exotique envahissante et nuisible» en 2012, soit 8 ans après son apparition. Il a été introduit accidentellement en France en 2004, semble-t-il dans une cargaison de poteries disséminées dans le sud-ouest. Depuis la population de cet animal ne cesse d’augmenter et de gagner du terrain. On le pensait réservé aux régions chaudes, telles que le sud-ouest or des nids ont été découverts en région parisienne il y a trois ans déjà et il colonise la Bretagne. Dans le Morbihan où un nid vient d’être détruit chez un particulier leur nombre aurait doublé en un an. Par ailleurs le frelon asiatique est désormais présent en Espagne, belgique, Portugal et probablement en Italie, preuve de sa faculté d’adaptation. C’est donc toute l’Europe qui est confronté à ce phénomène.

VIDEO : La chasse impitoyable du frelon asiatique (vidéo INRA)



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