Test : le désherbage thermique, c’est efficace

Si au cours de ce printemps bizarre, anormalement long et frais, les légumes ont eu du mal à se développer, il n’en est pas de même des « mauvaises herbes » qui elles, s’en donnent à coeur joie.

On me pose souvent la question de savoir comment les éliminer en respectant l’environnement. Pour être le plus précis et le plus efficace possible, je me suis livré à une petite expérience, dont je vous livre les résultats.

Comment éliminer les mauvaises herbes? Il y a bien sur la manière radicale, avec le recours aux désherbants chimiques, mais on sait les risques que font courir ces derniers à l’environnement et à notre santé. Des risques d’autant plus élevés que les jardiniers amateurs sont souvent accusés d’avoir « la main lourde » et de dépasser les doses prescrites. Je vais me faire l’avocat du diable, mais j’ai déjà eu l’occasion de faire remarquer aux fabricants de ces produits que les systèmes de dosage (rosettes, graduations, « poignées »…) préconisés sur les boites sont souvent imprécis.

Certes, des efforts son faits, mais l’usage raisonné de ces produits par un amateur n’est pas aisé. Bon voila, c’est dit…

Le mieux pour notre sol, notre environnement, notre santé, c’est de se passer de ces produits. Mais comment faire ?

Le moyen de lutte « bio » qui revient le plus souvent est le désherbage thermique. Mais je sais que ce procédé suscite bien des doutes quand à son efficacité réelle chez certains jardiniers. Pourtant ce procédé est utilisé dans de plus en plus de collectivités et également dans des exploitations maraichères bio, donc à un niveau professionnel.

On distingue nettement la différence entre la zone traitée et celle où les herbes ont poussé librement

Qu’en est-il exactement pour nos jardins? J’utilise ce procédé depuis plusieurs années, mais sans jamais avoir vraiment mené de mesures sur son efficacité. C’est ce que j’ai fait cette année. Dans une parcelle non cultivée sur laquelle les mauvaises herbes commençaient à pousser, j’ai utilisé mon brûleur thermique sur une petite surface, laissant le reste en l’état. C’était il y a un mois environ. Voici donc le résultat aujourd’hui : la photo parle d’elle-même. Alors que les mauvaises herbes sont en pleine forme juste à côté, la parcelle traitée est restée propre. C’est donc bien la preuve très concrète de l’efficacité du procédé…

Alors bien sur, de nouvelles herbes pousseront dans le temps, et il faudra renouveler l’opération, mais c’est aussi le cas avec les engrais chimiques… Pour que l’efficacité de ce désherbage soir maximal, il est préférable de traiter lorsque les herbes sont jeunes.

Les cellules des végétaux traités sont détruites et la plante meurt

Le système n’a pas que des avantages. En effet, il est difficile à appliquer dans une parcelle cultivée, car les légumes peuvent eux-aussi souffrir d’un malencontreux « coup de chaleur ». J’étudie en ce moment la possibilité d’utiliser un chalumeau plus étroit qui permet de mieux maitriser le jet brûlant. Mais ça sera la prochaine expérience.

Désherbage, mode d’emploi

On peut estimer que l’achat d’un désherbeur thermique représente un certain coût. En fait, il s’agit simplement d’un chalumeau disposant d’un bec rallongé. Quand j’ai commencé à utiliser cette technique, il n’y avait pas beaucoup de choix et j’ai d’abord eu recours à un banal chalumeau, ce qui m’a coûté moins de 20 euros (il faut éventuellement rajouter le prix d’une bouteille de gaz). L’inconvénient c’était le bec assez court qui obligeait donc à se courber, une position peu confortable pour le dos. Depuis, le procédé s’est popularisé et on trouve désormais des chalumeaux adaptés à des prix abordables (le dernier que j’ai acheté m’a coûté une quarantaine d’euros), dans les magasins de bricolage. Utilisez de préférence du gaz propane qui dégage une température beaucoup plus élevée, mais le butane fera aussi bien l’affaire.

Pas besoin de s’acharner sur les mauvaises herbes. Quelques secondes suffisent à déclencher un choc thermique qui va détruire les cellules des végétaux concernés et provoquer leur mort.

Certains estiment aussi désormais que l’usage du gaz comme source de chaleur, pourrait polluer l’atmosphère. Je crois qu’il fait rester dans le domaine du raisonnable. Ceci dit, on trouve désormais sur le marché une nouvelle génération de désherbeur thermique alimentée par…l’électricité (voir le dossier sur ce sujet en cliquant ici).

Enfin, pour compléter le tout, il n’y a pas d’autres solutions que d’avoir recours au désherbage manuel qui, lui, permettra d’intervenir au plus près des plantes sans les endommager.

N’oubliez pas cette règle de base du jardinage : faites un tour au jardin chaque jour si possible avec une binette à la main et un sécateur dans la poche. Quelques minutes suffisent ainsi pour tenir le potager propre.

2 réflexions au sujet de « Test : le désherbage thermique, c’est efficace »

  1. Bonsoir,

    A mon avis, ce désherbeur ne sera pas assez puissant pour le travail que vous décrivez. Par contre il peut être utile pour effectuer un désherbage « ciblé » entre des rangs de légumes par exemple.
    Il faut savoir que le désherbage thermique est très efficace quand on l’utilise sur de jeunes pousses. En ce qui me concerne, j’utilise un chalumeau branché sur une bouteille de gaz propane qui dégage une chaleur très importante.
    Dans votre cas, les orties témoignent d’une forte teneur en azote. Il sera difficile de s’en débarrasser. Arrachez les racines au maximum et brulez les repousses dès qu’elles apparaissent. Les « grandes mauvaises herbes » peuvent être d’abord fauchées puis brulez les repousses.
    Cordialement,
    JLMV

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